INFO

La grande lessive n'a pas eu lieu lors de la première étape pyrénéenne. Timides, les gros bras ont tardé à s'expliquer, attendant les derniers hectomètres de la montée finale vers Luz-Ardiden. Une bataille tardive et pour tout dire assez décevante, même si elle a suffi à révéler la faiblesse du moment d'Alberto Contador, à la peine dans le dernier kilomètre. Cette guerre à fleurets mouchetés a bénéficié essentiellement à deux hommes. Samuel Sanchez, d'abord. Le Basque, devant des milliers de supporters de l'équipe Euskaltel, est allé chercher une magnifique victoire, presque à domicile. L'autre "vainqueur" du jour n'est autre que Thomas Voeckler. Impérial, l'Alsacien est resté presque jusqu'au bout au contact des meilleurs. Il reste un solide maillot jaune. Le leader de l'équipe Europcar avait donc tort de se montrer pessimiste quant à ses chances de rester au sommet de la hiérarchie en ce 14 juillet. Remarquablement entouré par ses équipiers, en particulier un énorme Pierre Rolland dans l'ascension finale, il a aussi profité, c'est vrai, du manque d'initiatives des grands favoris de ce Tour de France. Comme on pouvait s'y attendre, la Hourquette d'Ancizan et le Tourmalet n'ont été le théâtre d'aucune initiative d'envergure. Ce ne fut pas une surprise. En revanche, Luz-Ardiden a trainé en longueur. Plus qu'on ne l'imaginait. La sélection s'est opérée par l'arrière, et il a fallu attendre, sous l'impulsion de l'équipier d'Ivan Basso, Sylvester Szmyd. Un scenario parfait pour Thomas Voeckler. Contador coince Logiquement, le maillot jaune a souffert lorsque, enfin, les ténors ont passé la vitesse supérieure. Une accélération due essentiellement aux frères Schleck, en particulier Frank. Ce dernier est parti pour de bon à deux kilomètres du sommet. Pas de quoi provoquer d'écarts colossaux, mais suffisant pour offrir quelques informations précieuses. La plus importante concerne Alberto Contador. L'Espagnol n'est jamais apparu serein jeudi. Moins tranchant qu'à l'accoutumée, il a coincé dans le dernier kilomètre. Dans l'affaire, il a cédé 33 secondes à Frank Schleck, et 13 à Andy Schleck, Cadel Evans et Ivan Basso. Pas sûr pourtant que Contador ait effectué une si mauvaise opération. Si ses adversaires l'avaient attaqué cinq ou six kilomètres plus bas, il aurait pu perdre le Tour. Ce n'est pas le cas aujourd'hui. Thomas Voeckler, lui, a coupé la ligne sept petites secondes seulement après Alberto Contador. Au général, il compte d'ailleurs exactement la même marge (1'49") sur son dauphin qu'au départ de Cugnaux. Seule l'identité dudit dauphin a changé. Frank Schleck a remplacé Luis Leon Sanchez. Cette étape ouvre forcément de nouvelles perspectives au double champion de France, même si, à l'évidence, toutes les étapes de montagne ne seront pas aussi calmes que celle-ci. En attendant, Voeckler prolonge son euphorie. Une euphorie qui a également touché Samuel Sanchez. Le champion olympique le savait, après ses déboires du début de Tour, il allait bénéficier d'un minimum de latitude dans les Pyrénées. Il en a parfaitement profité. Passé à l'attaque dès le pied de Luz-Ardiden, le leader d'Euskaltel a repris un à un les derniers échappés, notamment Geraint Thomas et Jérémy Roy, qui, pour sa carte de visite personnelle, est passé en tête au sommet du Tourmalet. Flanqué de Jelle Vanendert, Sanchez a réglé le coéquipier de Philippe Gilbert dans les 200 derniers mètres, résistant au retour fulgurant de Frank Schleck. Euskaltel n'a gagné que trois étapes sur le Tour, dont deux à Luz-Ardiden. Une vraie montagne porte-bonheur. Comme pour Voeckler...

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